Dublin
La plus célèbre artère du centre-ville de Dublin, O'Connell Street, traverse la rivière Liffey au niveau du pont du même nom. Un monument au «Libérateur», Daniel O'Connell (1775 1847) se dresse juste au nord. La large rue fut tracée au XVIIIe siècle. Sur le versant ouest se trouve la grande poste (GPO), prise par les insurgés au début du soulèvement de Pâques 1916.
A l'est du pont O'Connell, le bâtiment des Douanes (1770), conçu par l'architecte James Gandon, responsable des plans de certains des plus beaux édifices de Dublin se signale à son dôme de cuivre verdi. Autrefois négligée, la rive nord de la Liffey située entre les Douanes et les docks a donné le jour dans les années 1990 au nouveau quartier financier de Dublin, en pleine expansion.
Au sud du pont O'Connell se dresse le mur incurvé à colonnade de la Banque d'Irlande, un bâtiment du XVIIIe siècle qui, jusqu'à son abolition par l'Acte d'Union de 1800, abritait le Parlement d'Irlande.
De l'autre côté du College Green, face à la Banque d'Irlande s'élève l'impressionnante porte d'entrée de Trinity College, l'université de Dublin (ou TCD), fondée en 1592 sous l'impulsion de la reine Elisabeth Ire. On peut au choix suivre une visite guidée par un étudiant, ou se promener à son rythme, de Parlement (ou Front) Square à Library Square et jusqu'au College Park. Construite entre 1712 et 1732, la superbe bibliothèque comprenait à l'origine les colonnades ouvertes du rez-de-chaussée et la Grande Salle de l'étage, où était conservé le fonds. Le toit de la Grande Salle fut d'abord aménagé en berceau, de manière à pouvoir accueillir une galerie supérieure, où l'on trouve aujourd'hui 200 000 des plus anciens volumes.
En tournant à gauche dans Grafton Street, au sortir de la porte principale de Trinity College, vous tomberez nez à nez sur la statue de bronze de Molly Malone, mascotte de la ville. La rue marque le principal quartier commerçant de Dublin.
Même si certaines des plus belles résidences géorgiennes de Dublin, qui ponctuaient autrefois toutes les rues et les places, ont disparu, beaucoup ont survécu souvent aménagées en bureaux. Pour avoir un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler un intérieur élégant, visitez Newman House aux numéros 85 et 86 de St Stephen's Green. Un pâté de maisons plus à l'est, Fitzwilliam Square (1825) abrite certaines des demeures les mieux conservées.
Durant un siècle et demi, Merrion Square figurait sur la carte de visite de tous ceux qui comptaient à Dublin. Daniel O'Connell vécut au no 58, W. B. Yeats au no 82 et la famille Wilde au no 1. Chaque fin de semaine, un grand marché d'art à ciel ouvert se tient sur la place.
Sur le versant ouest de Merrion Square, une statue de George Bernard Shaw signale l'entrée de la National Gallery of Ireland auquel le prix Nobel de littérature légua le tiers de sa fortune.
Les pièces maîtresses conservées au National Museum of Ireland sont constituées par d'époustouflants ornements en or de l'âge du bronze à l'âge du fer. Vous remarquerez les torques (colliers métalliques et rigides) datant de 1000 av. J.-C., faites de feuillards en or enroulés, les énormes ceintures, en or elles aussi, tout comme le collier et les bracelets de Gleninsheen (VIIIe siècle av. J.-C.). D'argent martelé et décoré d'un filigrane d'or, le calice d'Ardagh, remontant au VIIIe siècle, fut trouvé sous une pierre, en 1868, par un jeune garçon qui ramassait les pommes de terre La broche de Tara, elle, fut ramassée sur une plage. De facture similaire, incorporant en plus des pièces d'ambre, elle date de la même époque.
Adossée à la National Gallery, la Bibliothèque nationale donne sur Kildare Street. Tous les grands écrivains irlandais, ou peu s'en faut, ont passé de longues heures sous le dôme de la salle de lecture, au premier étage, depuis son inauguration en 1890.
En réponse à la menace persistante de rébellion, Dublin Castle, le château normand du XIIe siècle fut remplacé au XIVe par un modèle plus conséquent Le complexe architectural que l'on peut voir aujourd'hui résulte pour majeure partie d'une reconstruction réalisée au XVIIIe siècle et d'ajouts plus récents, consécutifs à l'organisation de sommets pour les ministres de l'Union européenne. Il est généralement possible de voir St Patrick's Hall, la salle Wedgewood, la galerie des Portraits et la salle du Trône. La chapelle royale, construite dans un style néo-gothique, est décorée extérieurement de 100 têtes de personnages proéminents de l'histoire irlandaise, dont saint Kevin et Jonathan Swift.
Les méandres de l'histoire valent aux plus anciennes églises du pays d'être affiliées à l'Eglise protestante d'Irlande, à l'exemple des deux grandes cathédrales médiévales de Dublin. La construction de la cathédrale de Christ Church commença sous les Vikings. Si le bâtiment date pour l'essentiel des XIIe et XIIIe siècles, sa forme actuelle doit cependant beaucoup aux rénovations entreprises dans les années 1870.
Une courte promenade vous conduira en direction du sud à la cathédrale Saint-Patrick, consacrée en 1192. Ce sont les rivalités opposant les monastères, qui possédaient chacun leur propre ordre hiérarchique dominé par des évêques antagonistes, qui valut à la ville la construction de cette seconde cathédrale, juste après la première.
De l'autre côté de la rue, à l'ouest de Christ Church, l'église normande de Saint-Audoen abrite une exposition consacrée à l'Irlande celtique. Une allée voisine révèle l'arche de Saint-Audoen, dernière porte survivante de la muraille qui protégeait la cité au XIIIe siècle. Les ruelles situées à l'ouest furent un temps au c ur de l'un des quartiers les plus misérables de Dublin, baptisé The Liberties. Aujourd'hui réhabilité, il abrite des magasins d'antiquités et de souvenirs en tous genres et des boutiques.
Entre la cathédrale de Christ Church et la Banque d'Irlande, Temple Bar aligne une succession ininterrompue de bars à vin, de pubs et de restaurants, mais aussi de centres dédiés à la musique, au cinéma, à l'art et à la littérature.
A St Jame's Gate, à l'ouest du centre et au sud de la Liffey se trouve la brasserie Guinness, l'une des plus grandes d'Europe. Plus de la moitié de la bière bue en Irlande (Nord inclus) est produite ici, dont la célèbre stout, brune et forte, qu'Arthur Guinness commença à brasser en 1759. La vieille réserve à houblon accueille aujourd'hui l'exposition World of Guinness.
A l'extrémité d'O'Connel Street, Parnell Square abrite un groupe de bâtiments, parmi lesquels figurent les anciennes Assembly Rooms, un lieu de rencontre très en vogue au XVIIIe siècle. Celles-ci ont été partiellement reconverties en cinéma, tandis qu'un édifice annexe plus récent accueille le Gate Theatre.
Voisinant avec le Cercle des écrivains irlandais, le Musée des Ecrivains de Dublin, à Parnell Square North, rend hommage aux géants de la littérature nés en Irlande. La première salle se consacre aux plus anciens: Swift, Goldsmith et Sheridan, Maria Edgeworth, Wilde et Shaw. La seconde couvre la période de 1890 à nos jours: à travers lettres, photographies et souvenirs, on y fait la connaissance, parmi tant d'autres, de Yeats et de ses proches, de Synge, Joyce, O'Casey et Beckett.
Située dans Charlemont House (1762), la Hugh Lane Municipal Gallery on Modern Art conserve une collection de peinture léguée à la ville par sir Hugh Lane, un amateur d'art décédé en 1915. Ne ratez pas Vétheuil au Soleil et Sous la Neige de Monet, le lumineux Jour d'Eté de Berthe Morisot et l'Eva Gonzales de Manet. Watts et Burne-Jones représentent les préraphaélites; on peut de surcroît voir d'éclatantes scènes irlandaises de Lavery, Leech et Orpen.
Le quartier de Smithfield était autrefois synonyme de marchés et de distilleries, mais tout cela a changé avec son réaménagement. Le bâtiment des Four Courts, achevé en 1802, doit son nom aux cours de justice qu'il abritait. Du niveau supérieur de la rotonde se découvre une belle vue sur la ville.
Phoenix Park, le plus grand parc public clos de mur d'Europe, pourrait aisément contenir toute la population de Dublin. Près de l'entrée sud-est, un obélisque démesuré, haut de plus de 60 m, commémore les victoires de Wellington en Inde et durant les guerres napoléoniennes.
A environ 3 km au nord du parc, à Glasnevin, les National Botanic Gardens furent établis à la fin du XVIIIe siècle, à une époque où les explorateurs revenaient des quatre coins du monde les cales chargées de graines et de plantes exotiques. La belle serre en fer coulé date des années 1840.
Au sud-est de St Stephen's Green, dans la périphérie sud, les noctambules se donnent rendez-vous dans les boîtes et les clubs de Leeson Street, les derniers de la ville à fermer. De l'autre côté du Grand Canal s'étend un quartier aux demeures élégantes et aux rues plantées d'arbres, adresse chic depuis la fin de l'ère victorienne. La plupart des ambassades y sont localisées. En son centre est installée la grande Royal Dublin Society (RDS), où sont organisés divers concerts et expositions, sans oublier le très renommé Dublin Horse Show.
Le quartier de Du'n Laoghaire (prononcer «dunleary») devint une banlieue de Dublin avec l'arrivée du chemin de fer, mais il conserve son ambiance propre, liée à son activité de port de pêche, de terminal des ferries et de centre nautique. Le Musée maritime, qui occupe l'ancienne église des Marins (Mariners' Church) possède d'intéressantes reliques ainsi que des maquettes de bateaux.
Région de Cork (le Sud-ouest)
Cork, la deuxième ville du pays s'est développée sur des îles basses de la rivière Lee et il fut un temps où le long des rues circulaient des barques Grand Parade, l'artère principale de Cork, était ainsi un bras du cours d'eau, couvert au XVIIIe siècle. D'autres canaux sillonnent toujours le centre.
La meilleure manière de la visiter est de se promener à pied. L'Office du Tourisme, situé à l'extrémité sud de Grand Parade, vous fournira une carte. Commencez par passer à l'English Market restauré. Vous pourrez ensuite descendre St Patrick Street jusqu'au lieu de rendez-vous le plus populaire de Cork, marqué par la statue du Père Theobald Mathew, un prosélyte du mouvement de tempérance en vigueur au XIXe siècle. Sur une haute colline, de l'autre côté de la rivière s'étend Shandon, l'un des plus anciens quartiers de la ville. Son point de référence, l'église Sainte-Anne (1722) réputée pour son carillon est couronnée d'une étrange flèche à la girouette couleur saumon. Au sud du bras méridional de la rivière Lee, face à Grand Parade, Red Abbey est l'un des seuls vestiges médiévaux de Cork. Elle faisait autrefois partie d'un monastère d'augustins.
Blarney Castle, une impressionnante tour fortifiée située à 8 km au nord-ouest de Cork était autrefois l'une des résidences de la famille MacCarthy. La reine Elisabeth Ire se plaignit des flatteries du MacCarthy d'alors: «C'est tout Blarney: il ne fait jamais ce qu'il dit!» se serait exclamée la souveraine. La légende affirmant que ceux qui embrassent une certaine pierre se verront gratifiés du même don d'élocution a sans doute été inventée au XIXe siècle, mais cela n'empêche pas certains touristes de s'allonger sur le dos et de se tordre le cou sur les remparts jusqu'à ce qu'ils réussissent à toucher ladite pierre du bout des lèvres.
Au sud de Cork, la mer, encore mêlée à la rivière Lee, forme une baie protégée aux contours incertains, au centre de laquelle flotte le port de Cobh (prononcez «cove», comme le mot anglais signifiant «anse», qui est la traduction de Cobh). Appelé Queenstown jusqu'en 1921, le port commença à se développer lorsque les navires de commerce, devenus trop gros, ne purent plus accoster dans le port de Cork.
La gare victorienne restaurée, située sur le quai abrite une exposition qui fait revivre l'histoire de la ville à l'aide de maquettes, bandes-son, actualités et photos d'époque. Elle se consacre en particulier à l'épopée des trois millions d'Irlandais qui quittèrent ce quai dans l'espoir d'une vie meilleure.
Le petit port de pêche bien abrité de Kinsale, situé au sud de Cork, s'est mué au fil des ans en un centre nautique et de vacances, avec de vieilles boutiques colorées et quelques bons restaurants. Au centre-ville, l'église Saint-Multose est en partie normande. La route menant vers le sud à l'Old Head of Kinsale vous permettra de gagner la pointe de cette péninsule, d'où se révèlent d'impressionnants points de vue sur les falaises en contrebas.
Clonakilty, une bourgade tranquille de l'ouest du comté de Cork, située en bord de mer est surtout fréquentée en été, lors de son festival annuel de musique. De Ballylickey, les paysages encadrant la route littorale rejoignant Macroom par le col de Keimanagh sont magnifiques. Lough Gougane Barra (ou lac sacré) est cerné sur trois côtés de parois abruptes que dévalent des centaines de cascades.
Ancrée au creux d'une anse découpée, sur le flanc nord de la grande baie de Bantry, Glengarriff est veillée par une armée de rochers et de montagnes aux formes étranges. Au XIXe siècle, la bourgade devint une station balnéaire de la bonne société, en partie grâce à son climat doux, qui lui vaut d'abriter quelques palmiers.
Ring of Kerry
Si vous évoquez le nom de la péninsule d'Iveragh, il est probable que votre interlocuteur vous regardera d'un air d'incompréhension. Mais tout le monde connaît le Ring of Kerry, la route (175 km) qui relie les différents sites de cette côte sauvage.
Dans un cadre superbe de lacs et de montagnes, Killarney est un site touristique depuis le milieu du XIXe siècle. Aujourd'hui, boutiques de souvenirs, restaurants et pubs s'alignent sur Main Street et son extension, High Street. Au centre-ville, le Musée national des transports irlandais abrite quelques modèles de véhicules rares. Killarney est surtout une base pour partir à la découverte des environs. Des célèbres lacs de Killarney, Lough Leane (lac inférieur) est le plus proche de la ville. Des bateaux d'excursion au toit en verre le sillonnent. Sur la berge, le château de Ross, aujourd'hui en ruine résista plusieurs mois durant aux armées de Cromwell.
L'abbaye franciscaine de Muckross, au sud de la ville, fut endommagée par les troupes de Cromwell en 1652. La maison du même nom, toute proche, fut construite dans un style élisabéthain en 1843 et léguée à l'Etat par ses propriétaires en 1932. Il est possible de se promener dans les jardins, mais ne manquez pas de visiter l'intérieur. Les sous-sols abritent des ateliers et des démonstrations d'artisanat. La propriété accueille en outre la Kerry Country Life Experience, un musée agricole vivant, où sont mises à l'honneur des méthodes antérieures à la mécanisation.
Kenmare, au sud de Killarney, une base de randonnée et de pêche populaire, dispose de bons hôtels et d'un golf. Longeant le littoral, vous atteindrez Parknasilla, station paisible au large de laquelle barbotent des phoques. Plus à l'ouest, Sneem, adossé aux monts Caha, affiche des maisons peintes de couleurs vives encadrant une pelouse villageoise. A Castlecove, ne ratez pas le panneau indiquant la direction du fort de Staigue, édifié à 4 km dans l'intérieur des terres. Cette forteresse préhistorique ronde s'entoure d'une muraille atteignant 4 m de haut, dotée intérieurement de terrasses et révélant deux petites pièces. Utilisée des siècles durant, plusieurs fois restaurée, elle pourrait dater de 500 av. J.-C.
Au sud-ouest des lacs, les montagnes MacGillycuddy's Reeks se creusent d'une gorge longue de 6km, le Gap of Dunloe l'un des sites à ne pas manquer dans la région. Depuis le cottage de Kate Kearney, il est possible d'effectuer une partie du chemin à cheval ou à dos de poney, ou encore en calèche, en vélo ou à pied. Les bons marcheurs mettront environ trois heures aller-retour jusqu'à l'orée de la gorge. Des excursions en minibus prolongent une première approche en bateau par le lac supérieur et sur la rivière jusqu'au Lough Leane. Le Carrantuohill, point culminant d'Irlande à 1041 m fournit l'occasion d'une randonnée d'une journée plutôt facile. Le point de vue du sommet du Mangerton (840 m), séparé de la chaîne des Reeks, au sud de Killarney, est encore plus beau.
Pointant vers le large, la jolie péninsule de Dingle est constellée de vestiges préhistoriques et paléochrétiens. La pointe affirme une forte dominance linguistique gaélique ce que confirment les panneaux routiers.
Dingle (An Daingean) voit chaque été sa population doubler. Les touristes envahissent alors les restaurants et les pubs pour des soirées musicales. Les rues sont égayées de rangées de maisons et de boutiques peintes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Dans le port relâchent des chalutiers venus des quatre coins d'Europe.
Le long de la route, près de Fahan, les pentes du mont Eagle (517 m) se couvrent de cabanes préhistoriques en forme de ruches. Du sommet, la vue est superbe. A Slea Head, lorsque l'océan n'est pas trop agité, les plus intrépides pourront s'offrir un bain de mer depuis une petite anse sableuse. Au large flottent les farouches îles de Blaskett, inhabitées depuis 1953.
Rendue célèbre par une chanson, Tralee accueille chaque année en août le concours de beauté de la «Rose de Tralee» ouvert à quiconque possède une once de sang irlandais dans les veines.
Autour du Shannon
Voilà une façon différente d'aborder l'Irlande, à bord d'un confortable petit bateau descendant le Shannon, la plus grande rivière du pays, longue de 260 km. Par moments, l'embarcation se retrouve au beau milieu d'un lac, puis à nouveau les berges, basses et verdoyantes, se rapprochent, révélant ici et là les ruines d'une ancienne abbaye. Seule une demi-douzaine d'écluses barrent la progression du cours d'eau; entre les principales bases nautiques de Killaloe et de Portumna, il n'y en a aucune. On peut choisir un bateau avec quatre, six ou huit couchettes, qu'il est possible de louer puis de restituer en différents endroits.
Tout au sud du Lough Derg, Killaloe, avec son vieux pont de pierre traversant la rivière en 13 enjambées, marque le point de départ de nombreuses croisières sur le Shannon. A l'intérieur de la cathédrale Saint-Flannan datant du XIIe siècle est conservée la pierre de Thorgrim, vestige d'une croix gravée à la fois de caractères oghamiques (alphabet gaélique primitif) et de runes vikings un exemple unique. L'oratoire de Saint-Flannan, tout proche, possède les voûtes en berceau et le toit très pentu typique des premières églises irlandaises.
Le comté de Clare, qui s'étend des franges verdoyantes du Shannon au Burren pierreux, fut à l'avant-garde des combats pour les droits des Irlandais et pour l'indépendance. C'est à Clare que Daniel O'Connell fut élu en 1828, et la Land League y trouva un soutien dans les années 1880. Le tourisme et les aides de l'Union européenne ont vu champignonner les nouveaux bâtiments il est devenu bien rare de rencontrer encore un vieux cottage au toit de chaume.
Souvent spectaculaire, la côte irlandaise se surpasse au niveau des falaises de Moher, plongeant par endroits de 200 m. Des milliers d'oiseaux marins nichent dans les crevasses, leurs cris se mêlant en un vaste ronflement au souffle des vents et au grondement de la mer. L'été, la foule est au rendez-vous, mais une courte marche vous assurera une solitude plus romantique.
Le nord-ouest du comté de Clare est constitué d'un plateau austère de calcaire nu, profondément fissuré par l'érosion pluviale. A première vue, le Burren semble aussi stérile que le désert, mais dans les fissures de la roche, protégée des assauts des éléments, une profusion de plantes a pris racine. Des petits buissons d'épineux qui ressemblent à des bonsaïs s'accrochent à la pierre. En mai et juin, les gentianes bleues et les benoîtes des montagnes s'épanouissent, ainsi que les petites roses des rochers et 23 espèces d'orchidées.
A Kilfenora, le Burren Centre se consacre à la géologie, la flore, la faune et l'archéologie de la région. A l'est de Kilfenora, la route de Ballyvaughan traverse une étendue de lapiaz («dallage» calcaire) aussi plate qu'une piste d'atterrissage, mais creusée de profonds sillons. Un panneau indique la direction de Poulnabrone, où l'on peut voir un grand dolmen surmonté d'une table colossale. Il date d'environ 3300 av. J.-C. Vers le nord, entre Fanore et Black Head, le Burren descend par paliers en direction de la mer.
Le Connemara
Ses sols étant trop pauvres pour parvenir à nourrir ses habitants, cette région aujourd'hui si pittoresque fut synonyme, des générations durant, de vies écrasées par la misère. Presque tout le territoire est occupé par la montagne ou par des tourbières. Venant de Galway, la route principale s'insinue entre les deux. Côté gauche s'étend une terre inculte et sauvage, où les tourbières alternent avec des marécages et des milliers de petits lacs. Côté droit se dressent les monts Maumturk et le chapelet de la chaîne des Twelve Bens (ou «Pins») of Connemara les douze monts du Connemara.
Killary Harbour, un bras de mer profond et étroit s'insinue sur près de 15 km entre les montagnes. Les basses pentes de Killary sont gravées des sillons de champs de pommes de terre depuis longtemps abandonnés. Aujourd'hui, on récolte plutôt des coquillages, produits sur des châssis dans les eaux protégées. Au fond du bras de mer, le Leenane Cultural Centre, consacré au mouton et à la laine, organise de temps à autre des démonstrations de tonte, de filage ou de tissage.
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