Les origines
Les premiers occupants de l'Irlande arrivent il y a environ 9000 ans. La technique des dolmens atteint son apogée vers 3000 av. J.-C. avec l'érection d'impressionnants tumulus. Une vague de nouveaux immigrants, les Celtes, un groupe indo-européen venu d'Europe centrale apparaît au Ve siècle av. J.-C.
Ve XVe siècle
Le futur saint Patrick commence vers l'an 432 à convertir les Irlandais au christianisme. Des ordres monastiques puissants se développent aux VIe et VIIe siècles. Ces monastères enrichis et mal défendus attirent les convoitises des Vikings, qui débarquent pour la première fois en Irlande en 795.
Au XIIe siècle, les Normands, conquérants de l'Angleterre et du pays de Galles, commencent à lorgner vers l'Irlande. A partir de 1171, le roi Henri d'Angleterre impose sa souveraineté à l'Irlande en octroyant des terres à ses partisans et en leur laissant le soin de les conquérir.
Les lords normands appliquent à l'Irlande les mêmes méthodes qu'en Angleterre. De nouvelles villes fortifiées voient le jour, tandis que l'Eglise passe sous le contrôle des évêques et des abbés anglo-normands. Malgré cela, la conquête de l'Irlande reste inachevée. L'extrême ouest ne sera jamais pacifié et les Normands subissent même de lourdes pertes face aux forces irlandaises gaéliques.
XVIe XVIIIe siècle
A la Réforme, très attachée à la foi catholique, l'Irlande entre dans une période marquée par une succession de soulèvements. Lors de la guerre civile en Angleterre, de nombreux lords anglo-irlandais et irlandais rejoignent le camp royaliste, parvenant à repousser les armées de Cromwell. Mais celui-ci, après l'exécution du roi Charles Ier en 1649, traverse le détroit pour écraser toute résistance.
Evincé du trône par la révolution de 1688, Jacques II se réfugie en France et obtient de Louis XIV troupes et financement pour reconquérir le trône. Il est accueilli en libérateur à Kinsale, en Irlande, en 1689 et installe peu après sa cour à Dublin. Déterminé à reprendre l'Irlande, Guillaume d'Orange met en déroute l'armée franco-irlandaise à la bataille de la Boyne, le 12 juillet 1690. Un an plus tard, les dernières résistances sont annihilées dans l'ouest de l'île. Un nouveau Parlement protestant est institué à Dublin; les catholiques sont interdits de vote, de propriété foncière et d'exercice des professions libérales. Dans les zones rurales, la pauvreté est telle que de nombreuses familles émigrent vers les colonies d'Amérique.
XIXe siècle
La guerre d'Indépendance américaine, puis la Révolution française inspirent aux Irlandais des rêves de liberté. En réaction à leur mécontentement, le gouvernement de Londres ne trouve rien de mieux que d'imposer en 1800 l'Acte d'Union, formant le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. Le Parlement irlandais est aboli. Daniel O'Connell est élu à la Chambre des Communes à Londres, mais sa foi catholique lui interdit de siéger jusqu'en 1829.
En septembre 1845, le mildiou frappe la pomme de terre, base de l'alimentation de la paysannerie irlandaise. Les années suivantes, les récoltes de tout le pays sont détruites et la famine se généralise. Un million de personnes meurt de faim et de maladie; un autre million fuit le pays.
Les mesures inadéquates et inefficaces du gouvernement britannique pour lutter contre la famine intensifient le ressentiment du peuple irlandais. En 1874, la plupart des sièges irlandais au Parlement sont remportés par des membres du parti Home Rule, autonomiste, mais celui-ci subit un revers lorsque son chef Charles Stewart Parnell est déshonoré par un divorce.
XXe siècle
Le nationalisme irlandais s'exprime à travers la création du Sinn Féin («Nous-mêmes») et de la Fraternité Républicaine Irlandaise (IRB). En 1912, le Parlement adopte enfin la loi du Home Rule, mais en Ulster on assiste à une levée de boucliers de la part des unionistes, majoritaires; 100 000 de ces «Orangistes» se déclarent prêts à en passer par les armes. A Dublin, une organisation armée de Volontaires Irlandais voit le jour.
La Première Guerre mondiale interrompt l'application du Home Rule. L'IRB et les groupes armés décident de passer à l'action. Le 24 avril 1916, un lundi de Pâques, leurs chefs proclament la création d'une République irlandaise. L'insurrection échoue. Lors des élections de 1918, le Sinn Féin remporte la plupart des sièges irlandais, à l'exception de ceux du nord de l'île. Les élus refusent de siéger au Parlement de Londres et forment la Dáil Eireann, l'Assemblée d'Irlande. La guerre éclate entre leur aile armée, l'Armée Républicaine Irlandaise (IRA) et les forces britanniques.
Un traité est signé en 1921, qui reconnaît la création d'un Etat libre d'Irlande, membre du Commonwealth. Six des neuf comtés de l'Ulster, majoritairement unionistes, restent au sein du Royaume-Uni.
En 1937, l'Etat libre d'Irlande prend pour nom Eire (Irlande) et devient une véritable république. Le pays reste en marge de la Seconde Guerre mondiale, tandis que l'Irlande du Nord anglaise y participe pleinement. Les années 1960 voient une certaine expansion économique en République d'Irlande, soutenue par l'entrée en 1973 dans la Communauté économique européenne (aujourd'hui Union européenne), la même année que l'Angleterre.
En 1968, le ressentiment de la minorité catholique en Irlande du Nord s'exprime par des marches et des manifestations. Nationalistes et unionistes s'affrontent dans les rues, forçant l'envoi de troupes anglaises pour restaurer l'ordre. En 1971, l'IRA Provisoire entame une campagne d'attentats.
La violence diffuse et le manque d'espoir des années 1990 marque une impasse. Reconnaissant la nécessité de changer d'approche, les gouvernements anglais et irlandais se rencontrent, d'abord secrètement, puis publiquement, avec les représentants politiques des groupes armés «paramilitaires», dont l'IRA. Ces derniers déclarent un cessez-le-feu, d'abord temporaire, puis permanent.
Des négociations difficiles entre les partis politiques de l'Irlande du Nord mènent en 1999 à la signature de l'Accord du Vendredi-Saint, instituant un partage du pouvoir au sein d'un gouvernement local. Les républicains y voient une première étape vers une union à terme avec l'Irlande, une possibilité inacceptable aux yeux des unionistes. Le refus des paramilitaires de rendre les armes demeure une pomme de discorde majeure, raison d'une trêve malaisée. La solution semble encore bien éloignée, mais on peut espérer que l'influence des civils, qui connaissent leurs premières années de paix, saura amener les belligérants à plus de raison.
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