La vieille ville aussi bien que la nouvelle peuvent être visitées à pied. Mais vous pouvez aussi prendre vos repères en commençant par un tour dans un bus à impériale. Gardez vos tickets, qui vous donneront droit à des réductions pour plusieurs attractions. Autres possibilités: des promenades guidées, des visites de châteaux hantés et une tournée des pubs littéraires.
La vieille ville
A mesure que la population grandissait, les bâtiments de la vieille ville, serrés sur une arête rocheuse, ne pouvaient s'étendre qu'en hauteur. Dès le XVIe siècle, ils avaient au moins six étages. Les détritus et le contenu des pots de chambres étaient jetés dans les rues, peut-être au cri de Gardy Loo (emprunté au français).
Sur la masse érodée d'un volcan depuis longtemps éteint, le château d'Edimbourg domine la ville. La vue des remparts est magnifique: à l'est, elle plonge sur le Royal Mile, au nord, sur la ville nouvelle et le Firth of Forth, et, au sud, sur la banlieue et les Pentland Hills.
Construite au XIe siècle, la forteresse du château fut la résidence des rois écossais jusqu'à Jacques VI, qui y naquit en 1566. Chaque nouvel occupant a apporté des modifications et des ajouts, pour arriver à l'actuel aménagement qui compte le palais, divers bâtiments et un musée.
St Margaret's Chapel, construite pour la reine Marguerite vers 1075, est le bâtiment le plus ancien à l'intérieur des remparts et la plus vieille église en activité d'Ecosse. A l'intérieur, la modeste pièce blanchie à la chaux ne fait que trois mètres de large.
Au sud de Crown Square, le Great Hall (1502) possède l'un des plus beaux plafonds à poutres apparentes de Grande-Bretagne; sa charpente de chêne est réalisée sans clou ni vis. Le palais à l'est de la place accueille les trésors du château. Dans la chambre de la Couronne, les Honours of Scotland (ou joyaux de la couronne) sont parmi les plus vieux insignes royaux en Europe la couronne d'or et de perles fut portée pour la première fois par Robert Bruce à son couronnement en 1306. Une installation multimédia raconte comment ces symboles de la nation écossaise ont été deux fois enterrés, puis cachés et à demi oubliés pendant des siècles. L'exposition présente aussi la pierre de la Destinée (ou pierre de Scone) qui faisait partie du trône de couronnement de rois écossais tels que Macbeth et John Balliol. Emmenée à Londres par Edouard Ier d'Angleterre en 1296, elle a été restituée 700 ans plus tard.
Le Royal Mile, la rue qui relie le château à Holyrood, prend plusieurs noms: Castlehill, Lawnmarket, High Street, Canongate et finalement Abbey Strand. Elle s'étend sur environ 2 km, mais vous pouvez allonger la promenade en faisant des détours par les nombreux sites d'intérêt qui la bordent. De la fin du XVIIIe siècle aux années 1960, sale et délabrée, elle demeura à l'abandon. Puis on a su distinguer sa beauté cachée sous la misère, et sa renaissance commença. C'est l'artère la plus importante de la vieille ville.
Sur Castlehill, Outlook Tower, la tour de guet, outre ses télescopes, possède une Camera Obscura dans laquelle on peut voir des images de la ville projetées sur 360 degrés une prouesse technique de 1853. Simultanément l'opérateur raconte le passé de la ville. Au pied de Castlehill, une ancienne église héberge le Hub, un centre d'information et de vente de billets pour des manifestations telles que le Festival d'Edimbourg.
Le Lawnmarket (marché des batistes) tire son nom des étoffes de lin et de coton blancs qui y étaient vendues. Au nord, Gladstone's Land est un magnifique spécimen de ces immeubles du XVIIe siècle où cohabitaient des familles de différents milieux sociaux. Le National Trust for Scotland l'a presque entièrement restauré et meublé pour donner une idée de son aspect il y a 300 ans. L'un des appartements a de superbes plafonds décorés, et une petite boutique propose des reproductions de marchandises du XVIIe siècle. Plus bas sur Lawnmarket, dans la Lady Stair's House (1622), le Musée des Ecrivains présente des manuscrits et des souvenirs de Burns, Scott et Stevenson.
La cathédrale Saint-Giles (High Kirk of Scotland) occupe le centre de Parliament Square, tout en haut de High Street. Sa construction a commencé en 1120 (ses immenses colonnes normandes datent de cette époque) et la célèbre flèche qui reproduit la couronne écossaise a été rajoutée en 1495. Elle possède quelques beaux vitraux, et sa Thistle Chapel (chapelle du Chardon) abrite les stalles du roi et des 16 chevaliers de l'ordre du Chardon, le principal ordre écossais. John Knox a prononcé ses sermons enflammés à St Giles; il est peut-être enterré dans une tombe anonyme juste à côté. Parliament House, érigé en 1639, est devenu un tribunal après l'abolition du Parlement en 1707. Sir Walter Scott et R. L. Stevenson y ont travaillé.
La Tron Kirk (1648), à l'angle de High Street et de South Bridge, doit son nom à la pesée du sel qui se faisait à l'entrée. Cette église n'est plus en activité; on y présente l'histoire de la vieille ville. Le plancher central a été enlevé, révélant un dédale de vieilles rues qui avaient été recouvertes au moment de la construction du bâtiment.
La John Knox House, au 43 45 High Street, est supposée avoir abrité le réformateur pendant les derniers mois de sa vie. Constituée de deux maisons du XVe siècle, elle avait été remodelée en 1556 pour le joaillier de Marie d'Ecosse, James Mossman, qui y exposait ses travaux. Les boutiques du rez-de-chaussée sont les plus anciennes échoppes d'Edimbourg. A l'intérieur, à côté de bibles et autres livres liés à Knox, un programme audiovisuel explique les conflits religieux de l'époque. La maison forme, avec une galerie, un petit théâtre et un café, le Netherbow Centre.
Au sud de High Street, le Museum of Childhood (Musée de l'Enfance) regorge de jouets, de poupées et de jeux. Ses collections sont constamment approvisionnées par des dons de personnes ne pouvant se résoudre à jeter leurs vieux jouets.
Le Canongate Tollbooth (1591) fut à la fois cour de justice et prison avant d'accueillir une exposition permanente intitulée The People's Story. Celle-ci évoque, à l'aide de reconstitutions d'ateliers, cuisines, cellule de prison, salons de thés et pubs, de vidéos, de photos, d'objets du quotidien et même d'odeurs, la vie des habitants anonymes de la ville de ces 200 dernières années.
Le roi David Ier fonda l'abbaye de Holyrood en 1128, mais ce n'est qu'en 1501 que Jacques IV fit construire le palais de Holyrood, devenu sa résidence permanente. Le palais doit ses airs baroques à la reconstruction effectuée par Charles II au XVIIe siècle bien qu'il n'y résidât jamais. Parmi les appartements d'Etat (State Appartments), on découvre dans la tour ouest ceux de Marie Stuart (1542-1567), atteints par un escalier en colimaçon. C'est ici que son époux, Lord Darnley, fit assassiner de 56 coups de poignard le secrétaire particulier de la reine, David Riccio, qu'il pensait être son amant. La Grande Galerie, où ont aujourd'hui lieu réceptions royales et investitures, est encore ornée de 89 des 110 portraits de monarques d'Ecosse peints par le Hollandais Jacob de Wit. Rois légendaires et réels, tous sont représentés, de Fergus Ier à Charles II. D'une qualité artistique plus certaine, la Queen's Gallery, inaugurée en 2002, accueille des expositions temporaires tirées des collections de Sa Majesté. Les visites se terminent par les ruines de l'abbaye, détruite pendant les guerres civiles et religieuses des XVIe et XVIIe siècles.
Le palais est encore utilisé pour des cérémonies officielles; c'est aussi la résidence de la reine Elizabeth II lorsqu'elle vient à Edimbourg. Le palais est alors fermé au public.
L'immense complexe du nouveau Parlement écossais, situé au pied du Royal Mile et faisant face au palais de Holyrood, compte dix bâtiments de styles architecturaux différents imbriqués les uns dans les autres. Le mélange de bois, verre, aluminium et granit lui confère son aspect futuriste. Son architecte, le catalan Enric Miralles, a conçu une chambre des débats hémisphérique pour éviter les lignes angulaires de la Chambre des Communes de Londres, moins favorables au compromis Depuis 1999, le Parlement se réunissait dans les locaux de l'Eglise d'Ecosse, à The Mound, au nord de Castlehill. Le nouveau Parlement fait partie d'un ambitieux projet de développement urbain. Il voisinera avec des hôtels, le journal The Scotsman et un centre d'expositions.
Bien en vue, une voûte blanche recouvre une attraction high-tech inaugurée en 1999, Our Dynamic Earth. Ce centre ultramoderne aux effets spéciaux étonnants vous fait voyager dans le temps, en passant par des simulations de tremblements de terre, un époustouflant «survol» de glaciers, et une averse tropicale.
Sur et sous les ponts
La vieille ville s'étend sur plusieurs niveaux reliés par des allées en pente raide et des escaliers. Au XIXe siècle, des ponts et des viaducs furent construits pour passer au-dessus des ruelles inférieures du Royal Mile.
Partant de Lawnmarket, le pont George IV passe au-dessus de la ruelle Cowgate qui débouche sur la vaste esplanade de Grassmarket. C'est là qu'avaient lieu autrefois les exécutions publiques; aujourd'hui, la place a un petit air méditerranéen, avec ses cafés et ses pubs qui débordent dans la rue dès le plus petit rayon de soleil.
A l'autre bout du pont George IV, près de Candlemaker Row, on trouve la Greyfriars Kirk (1620), l'église où fut signé, en 1638, le National Covenant (Pacte protestant). Une statue de bronze sur la fontaine d'une ruelle voisine et une pierre à l'entrée de l'église honorent la mémoire de «Greyfriars Bobby», un fidèle skye-terrier qui resta 14 ans sur la tombe de son maître, avant de mourir à son tour, en 1872. (Il est aussi inhumé dans le cimetière.)
Situé sur Chambers Street, le Scotland Museum, l'un des plus intéressants musées inaugurés récemment en Grande-Bretagne (1998), occupe un très beau bâtiment moderne, en phase avec son approche vivante et imaginative des facettes de l'identité écossaise. On le reconnaît de loin à son élégante tour ronde au grès couleur de miel. Mêlant effets audiovisuels dernier cri et présentations d'objets archéologiques, il aborde l'histoire du pays depuis ses origines géologiques jusqu'aux réalisations actuelles de personnages aussi différents que le Premier ministre Tony Blair et l'acteur Sean Connery On aborde en chemin la préhistoire, les temps agités des guerres formatrices et les contributions phénoménales de la révolution industrielle.
Juste à côté, le Royal Museum a élu domicile dans un édifice victorien à l'ancienne, coiffé de verrières. Il présente des collections incroyablement variées, des antiquités aux arts décoratifs asiatiques, européens et américains.
Deux ponts, North Bridge et South Bridge, forment une rue impressionnante qui traverse High Street. South Bridge conduit au Old College, le plus vieux bâtiment de l'Université d'Edimbourg, et au Festival Theatre; North Bridge relie High Street avec l'extrémité est de Princes Street. Dans Market Street, sous le pont, le City Art Centre propose une très bonne collection d'art écossais d'hier et d'aujourd'hui, et organise des expositions temporaires.
La ville nouvelle (New Town)
Le quartier au nord de Princes Street a été tracé dans les années 1770 pour permettre aux citoyens d'Edimbourg les plus aisés en tout cas de quitter les rues de plus en plus surpeuplées de la vieille ville. Il fut dessiné par James Craig et Robert Adam sur un plan quadrillé très aéré. Plus tard, d'autres architectes ajoutèrent des crescents (rues en demi-lune) et des circles (places circulaires) lors d'agrandissements de la ville nouvelle, mais ils conservèrent le caractère de ce qui reste l'un des plus beaux ensembles d'architecture géorgienne (néo-classique) de Grande-Bretagne.
La force de Craig a été de ne construire que sur un côté de Princes Street. Les maisons font face au château, séparées de lui par de vastes jardins (East et West Princes Street Gardens). L'effet est majestueux, si vous faites abstraction des désolantes vitrines de magasins qui ont remplacé les demeures d'origine.
Le Scott Monument, un pavillon de pierre dans les jardins de East Princes Street, abrite une statue représentant l'écrivain Sir Walter Scott (1771 1832) avec son chien, ainsi que plusieurs personnages de ses célèbres romans historiques. Ce monument de plus de 60 m de haut a été achevé en 1846; si vous gravissez ses 287 marches, vous serez récompensé par une vue panoramique.
Le Mound, un remblai constitué des gravats de la construction de la ville nouvelle, traverse les jardins. On y trouve deux des hauts lieux culturels de la ville. La Royal Scottish Academy organise de grandes expositions temporaires, tandis que la National Gallery of Scotland possède une merveilleuse petite collection d'art occidental, avec des tableaux de Vermeer, Vélasquez, Turner et Van Gogh, des portraits par Gainsborough, Romney, Reynolds et l'Ecossais Sir Henry Raeburn.
Parallèle à Princes Street, George Street débouche sur St Andrew Square. C'est dans ce quartier que les banques et les assurances écossaises ont bâti leurs imposants bâtiments de marbre, souvent transformés en bars ou en restaurants.
Charlotte Square, un chef-d' uvre de design urbain signé Robert Adam, indiquait la limite ouest de la ville nouvelle. Le National Trust for Scotland a fait restaurer le numéro 7, connu sous le nom de Georgian House, et y a minutieusement reconstitué un intérieur de 1796. Dans l'avalanche d'argenterie, de meubles, de tableaux et d'ustensiles de cuisine, ne manquez pas, dans la chambre à coucher, la trousse de médecin, avec les instruments et médicaments les plus utilisés à l'époque.
Comme sur Princes Street, les plans de James Craig pour le flanc nord de son nouveau quartier prévoyaient de construire sur un côté seulement. Aussi les maisons de Queen Street jouissent-elles d'une vue superbe sur le Firth of Forth et ses environs. La National Portrait Gallery, près de St Andrew Square, permet de lire l'histoire de l'Ecosse sur les visages de ses habitants, jusqu'aux plus contemporains.
Le jardin botanique
A environ 2 km au nord du centre-ville, sur 28 hectares de paysage vallonné, poussent fleurs, arbres et arbustes du monde entier. De belles serres victoriennes abritent des plantes exotiques. Des rocailles, une collection de plantes alpines, un jardin chinois et un arboretum invitent aussi à la balade. Au début de l'été, on peut y admirer des milliers de rhododendrons et d'azalées en fleurs.
Leith
Le port d'Edimbourg fait face au Firth of Forth (l'embouchure du fleuve Forth) quelque 3 km au nord-est du centre-ville. Malgré le nom de la rue qui les relie, Leith Walk (promenade de Leith), rares étaient ceux qui s'aventuraient dans ce quartier délabré jusqu'aux années 1980. Aujourd'hui, on en a fait un complexe résidentiel et commercial qui peut se targuer de posséder certains des meilleurs bars et restaurants de la ville. On y trouve aussi le magasin principal du fournisseur en tartans de la famille royale.
L'ancien yacht royal Britannia, restauré, est ancré à Leith où on peut le visiter. (Les billets sont à acheter à l'Office du Tourisme.) Les bateaux d'excursions mouillent à proximité, et une courte promenade à l'ouest vous conduira au pittoresque petit port de pêche de Newhaven, qui connaît désormais un regain d'activité grâce à la présence d'un hôtel moderne et de plusieurs restaurants de fish and chips.
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